Association des amis du Clos à Pêches de Bagnolet

                                                         L’association et  sa raison d’être.

C’est en novembre 1993 que le projet de la constitution de l’association des amis du clos à pêches de Bagnolet naissait.

Á cette époque l’un des derniers terrains situé en plein centre-ville, nu de  toute construction offrait à un petit groupe de personnes passionnées, la possibilité de présenter aux générations futures ce que pouvait être un clos à pêches comme ceux qui  jadis au 17ème siècle couvraient le village de Bagnolet et ses environs.

La mise en valeur de ce site comme il pouvait exister auparavant permettait de cette façon de contribuer à garder la mémoire et sauvegarder ainsi un peu le passé de la commune de Bagnolet.

De cette façon, l’association voulait présenter de nos jours, ce qu’étaient hier les clos à pêches.

                                                        Qu’est-ce qu’un  clos à pêches.

En général, le clos à pêches était une parcelle de terre longue et étroite dont la largeur n’excédait  pas  10 à 12 mètres environ. Un propriétaire jadis pouvait avoir ainsi plusieurs parcelles juxtaposées.

Ces terrains étaient autrefois entièrement ceinturés d’un mur dont la hauteur avoisinait les 3 mètres, l’épaisseur était de 50 centimètres à la base pour 40 centimètres au niveau du sommet.

Les matériaux  nécessaires  à la construction de ces murs (pierres et plâtras) étaient extraits des carrières de gypse qui se trouvaient  toutes proches.

L’enduit servant à recouvrir les deux faces des murs était réalisé avec du plâtre, ce dernier étant élaboré après transformation du gypse dans des fours installés non loin des carrières.

                                                                                         Le pourquoi de ces murs.

La réalisation de tels murs était principalement destinée à servir de support et d’abri aux pêchers qui étaient plantés tout contre la face la mieux ensoleillée. Pendant le jour les murs en plâtre recevaient et se chargeaient de la chaleur du soleil, réfléchissaient également sa lumière. La nuit venue,  le mur libérait tout le chaud emmagasiné pendant la journée. Les pêches bénéficiaient de cette chaleur qui favorisait ainsi leur développement  précoce. Les arbres étaient volontairement conduits à pousser au plus près du mur suivant la technique appelée : le palissage à  la loque. Cette méthode de palissage consiste à maintenir les branches de l’arbre contre le mur au moyen de bandelettes de vieux tissus. Ces morceaux d’étoffes portent le nom de loques. Elles entourent les branches du fruitier puis sont fixées sur le mur avec des clous.

Début, apogée et déclin.

Les propriétaires de ces clos à pêches tout  près de Paris fournissaient à partir de  l’époque du Roi Soleil, puis longtemps après les fruits et les légumes aux marchés Parisiens. Cette proximité avec  la capitale grâce à ce commerce apporta à la commune de Bagnolet  ainsi qu’à celle de Montreuil,  ville voisine, leur prospérité et développement.

A partir de la seconde moitié du 19ème siècle, l’activité des maraîchers et horticulteurs de la région déclina petit à petit avec l’arrivée des premiers chemins de fer qui venaient livrer de plus en plus tôt, jusqu’à Paris les fruits et légumes cultivés dans d’autres régions de France. C’est ainsi que les pêches venant du  midi  vinrent concurrencer de plus en plus, celle de la région parisienne. La fatigue des sols fit venir le terrible pourridié qui eut raison également  des beaux pêchers.

Le développement industriel engendra dans toute la région parisienne une augmentation de sa population nécessitant une  importante urbanisation, réduisant ainsi de plus en plus les terres cultivables  comme les clos à pêches.

Service gratuit et accessible à tous

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                                                             L’HISTOIRE  DE  BAGNOLET,  GIRARDOT  ET  LES  PÊCHES.  

Á Bagnolet ou non ? Est-ce Girardot Edme, ou bien son fils, René Claude ? Légende ou réalité ? Voici ce que le passé et  l’histoire nous révèle.

 

Tout d’abord et officiellement :


Edme Girardot est né en 1621- il fut marié à Marie Savart,  il décède le 31 mai 1682 dans sa maison de La Salle à Bagnolet. Ils eurent leur premier fils Denis, né en 1656 qui est décédé le 19 août 1730 dans sa maison de La Pidoux à Bagnolet. Leurs second fils René Claude est quant à lui né en 1665, il mourut en 1732 dans sa maison des Guesdons située également à Bagnolet. Les enfants de Denis et de René Claude sont tous baptisés à Bagnolet, beaucoup d’entre eux servirent le royaume de France en tant que mousquetaires du roi. Certains d’entre eux furent même en 1761 anoblis sous le règne du Roi Louis XV.


--Nous pouvons lire sur le registre de la paroisse de Bagnolet en 1682  l'acte d’inhumation d’Edme Girardot :    « Le dimanche 31 et dernier mai 1682, fut ensépulturé dans l’église à Bagnollet, par moy curé soussigné, M. Edme Girardot, de son vivant officier de Monsieur, frère unique du Roy et cy devant procureur fiscal de la paroisse, décédé dans sa maison audit Bagnollet âgé de 60 ans en présence de ses enfants et amys.       J. Loyau »


Pour rappel, notons aussi que :


Jean-Baptiste de La Quintinie est un avocat, jardinier et agronome français. Il  fut le créateur du Potager du Roi à Versailles, il est né le 1 mars 1626 à Chabanais et est décédé le 11 novembre 1688 à Versailles.

Louis XIV,  Roi de France et de Navarre, dit « le Grand » et « Le Roi Soleil » est né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en -Laye et est  décédé le 1 septembre 1715 à Versailles. Son règne de 72 ans est le plus long de l’histoire de France et d’Europe.

En décembre 1659  Edme Girardot reçoit les pleins  pouvoirs  pour disposer et gérer en son nom l’ensemble du Fief et ferme de La Salle à Bagnolet. A sa mort en 1682 le domaine reviendra par héritage à son fils René Claude.

En 1719 René Claude Girardot fait également l’acquisition du domaine des Guesdons à Bagnolet

Le domaine des Malassis à Bagnolet fut acquit par René Claude Girardot le 17 décembre 1712, il sera transformé en damier à partir de 1722 quand René Claude va en céder par lots une grande partie.


Que disent les historiens :

 

-- l’abbé Jean  Lebeuf  (6 mars 1687 - 10 avril 1760) écrit en 1754 dans son œuvre  (Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris) : « C’est à Bagnolet qu’on a d’abord pratiqué la nouvelle manière de multiplier les pêches et de les faire murir par une concentration de chaleur. Mr Girardot ancien mousquetaire du Roi, n’avait qu’environ un arpent de jardin à Bagnolet pour des espaliers de pêchers. Il fit faire plusieurs murs et contre-murs dans l’intérieur, ce qui produisit de très bons fruits et en très grande quantité. Il en est parlé dans le livre de la culture des pêchers. Cet usage s’est depuis étendu à Montreuil et ailleurs.»


--Un peu plus tard L’abbé Jean Roger Schabol (1690 -  9 avril 1768) écrit en 1762 dans ses mémoires, tome1 (La pratique du jardinage au chapitre : Discourt sur le village de Montreuil) :

« Girardot, fut renommé pour le commerce des pêches à Bagnolet……………….Pendant une longue suite d’années, il présenta assidument à Louis XIV, qu’il avait servi  en qualité de Mousquetaire, les fruits de ses arbres naissants …………………..Girardot fit alors diverses acquisitions à bas prix, qu’il revendit ensuite ou qu’il donna à bail à rente, sur lesquelles il gagna considérablement. Son terrain consistait en quatre arpents d’une seule pièce ; on y construisit des murailles en tous sens, qui le partageaient en soixante-douze carrés, ce qui le fit nommer damier …………………Girardot fit ensuite au même endroit l’acquisition d’un fief appelé Les Guesdons.»


--Puis ce fut le tour d’Eloi Johanneau (2 octobre 1770 - 24 juillet 1851) qui écrit en 1825 dans son livre (Les fastes de Montreuil-les-pêches) : « René Claude Girardot, mort en 1734, inventeur de la culture à la Montreuil, c’est-à-dire du palissage à la loque, qui en fait le caractère distinctif, était un ancien mousquetaire du roi, propriétaire du château et du parc de Malassis sur la limite de Montreuil et Bagnolet. Il y cultivait 2 ou 4 arpents de pêchers, qui dit-on, lui rapportait 30,000fr de revenu, parce qu’il était alors le seul qui eut d’aussi  belles pêche…. » 


--Héricart de Thury  (3 juin 1776 - 15 janvier 1854) écrit dans (Annales de la Société  D’horticulture de Paris, XXIX, 1841) « Un jour que le grand Condé (mort en 1686) recevait Louis XIV à Chantilly, on présenta au prince un panier de douze pêches d’un volume jusqu’alors inconnu, pêches admirables, et resplendissantes du plus riche vermeil, du velouté le plus pur, le plus frais. Le panier fut remis par un inconnu, qui disparut aussitôt, il portait pour toute adresse : «Pour le dessert du Roi ». Au dessert, le panier fut servi avec appareil ; il fut l’objet de l’admiration générale. La saveur, l’excellence de ces admirables pêches réunirent tous les suffrages. Mais quel était ce donateur ? Personne ne put le nommer…Un jour, le 25 juillet suivant, que Louis XIV chassait à Vincennes, La Quintinie (qui était dans le secret) parvint à faire diriger la chasse  du coté de Montreuil. Girardot, prévenu par son ami, se trouva sur le passage du roi, partie en habit de mousquetaire, partie en jardinier, entouré de ses sept enfants vêtus de même, frais et vermeil comme les pêches qu’il offrait à Louis XIV et aux dames de la cour. Le roi visita l’ermitage de Girardot, admira ses espaliers, cueillit lui-même des pêches, lui demanda de lui en apporter une corbeille tous les ans sur sa table, à pareil jour, avec l’inscription du diner de Chantilly : Pour le dessert du roi. »

Crédit photos © André Laubarie  -  Toute reproduction des photos présentées sur ce site est interdite sans l'autorisation de l'association les amis du clos à pêches de Bagnolet